Mais qui c'est donc sur cette photo toute noire et un peu flou? C'est Vincent Cassel !!!! Et oui, je suis allée hier soir à l'avant première au Grand Rex de son dernier film : Sheitan !!
Franchement, avant d'y aller je me suis dis: "je ne raffole pas des films d'horreur, et en plus j'ai vu la bande annonce et ça à l'air d'être un film de wech..." bin en fait c'est pas du tout un film d'horreur. D'accord y a un peu de sang qui gicle et puis c'est un peu une histoire sur le diable (sheitan=diable) mais franchement les 2/3 du film c'est une comédie. Cassel est vraiment délirant avec sa tête de paysan...
Le film est un peu lourd en "ouai je vais te niquer ta mère", "elle m'kiff, j'la kiff grave" "c'est quoi c'truc de ouf là".
La critique de Excessif.fr: Le diable est réputé pour être intelligent et malin. Le collectif Kourtrajmé, avec l'aide précieuse de Vincent Cassel (sans lui, on n'en aurait jamais entendu parler) a essayé de se hisser à sa hauteur en ayant le bon goût de ne pas se prendre au sérieux et, si possible, de s'amuser des choses horribles. La gageure est relevée (et bien). Satan a de quoi être fier de ses ouailles et autres dévots. L'inattendue réussite de ce film drôle et ténébreux, tourné certes avec une économie de moyens mais beaucoup d'inventivité, réside dans sa gradation. Plus il progresse, plus il gagne en intensité jusqu'au long climax final aussi cruel que potentiellement terrifiant. A l'aune de l'intrigue, le principe est simple : on part d'archétypes (boîte de nuit hautement sonorisée et baltringues éméchées avec un dj furibard aux platines) pour virer à la bizarrerie sourde et sournoise (tumulte satanique digne d'un cauchemar Polanskien voire Kafkaïen hanté par les dédales mentaux et la tragique absurdité).
Le schéma classique (on part de la banalité à l'horreur) s'en trouve bouleversé : ça commence avec des protagonistes contemporains - comme on ne les montre pas assez au cinéma - pour fureter ailleurs, vers un film viscéralement déviant où ces derniers perdent totalement leurs repères et autres tics. Pour apprécier la transition, il suffit de laisser les jeunes multiplier les conneries en bagnole et attendre sagement l'arrivée – mémorable – de Vincent Cassel en berger cradingue pour comprendre là où Chapiron souhaite nous emmener. La dimension sexuelle sert de toile de fond au film. Elle est incarnée par le personnage de Roxane Mesquida, sans doute le plus substantiel, qui sous les jupes courtes affriolantes et les regards allumeurs, cache en son sein un démon lubrique. Il illustre toute son ambiguïté dans une scène de triolisme brûlante comme l'enfer.
Des propres mot de Vincent Cassel c'est "une Trashy-comédie"... Et bravo à Kim Chapiron!!